Ingeborg Bachmann
1926
Naissance de Ingeborg Bachmann, le 25 juin à Klagenfurt (Carinthie,
Autriche). Elle est l’aînée de trois enfants. Son
père, Matthias Bachmann (1895-1973) est professeur à Klagenfurt.
1928
Naissance de la sœur, Isolde.
1938
Le 12 mars, Hitler et ses troupes entrent en Autriche (Anschluß).
Le 5 avril, ils sont à Klagenfurt. Ingeborg Bachmann est alors
hospitalisée pour une diphtérie à l’hôpital
de Klagenfurt.
1939
Naissance du frère, Heinz.
1938-1944
Lycéenne au Ursulinen-Gymnasium de Klagenfurt. C’est à
cette époque que remontent les premiers poèmes, une pièce
Carmen Ruidera (1942) et la nouvelle Das Honditschkreuz (1944), deux
œuvres inspirées par les guerres de l’époque
napoléonienne.
1944
Baccalauréat (Matura)
1945
Premier semestre d’études comme étudiante en philosophie
à Innsbruck.
1946
Deuxième semestre d’études à Graz. La nouvelle
Die Fähre (Le Passeur) est publiée le 31 juillet 1946 dans
une revue de Klagenfurt. Entre mai 1945 et mai 1946 sont écrites
les « Lettres à Felician » (Briefe an Felician) (publication
posthume en 1991). Arrivée à Vienne à l’automne
où elle vivra jusqu’en 1953. Poursuite des études
de philosophie. Deux disciplines secondaires : études germaniques
et psychologie.
1947
Connaissance de Hans Weigel. Fréquentation du Café Raimund,
où elle rencontre de jeunes écrivains, comme par exemple
Ilse Aichinger. Début probable du travail au roman Stadt ohne
Namen (« Ville sans nom »), dont il ne reste que deux fragments
Le Commandant et le Fragment d’Anna. Elle cessera d’y travailler
selon toute vraisemblance en 1951, sans avoir réussi à
trouver d’éditeur. Stage dans une clinique psychiatrique
viennoise.
1948
Connaissance de Paul Celan en janvier. Publications de poèmes
dans la revue viennoise Lynkeus. En juillet, départ de Paul Celan
pour Paris.
1949
Publication des nouvelles Sur la terre comme au ciel, Le Sourire du
sphinx, La Caravane et la résurrection dans le Wiener Tageszeitung..
1950
Fin des études avec la soutenance de sa thèse de doctorat
sur « La réception critique de la philosophie existentielle
de Martin Heidegger » (Die kritische Aufnahme der Existentialphilosophie
Martin Heideggers). Le 14 octobre, arrivée à Paris, où
elle restera jusqu’en décembre. De retour à Vienne,
après un séjour à Londres, où elle est invitée
par la Société anglo-autrichienne à faire des lectures-conférences,
elle travaille pour l’administration américaine d’occupation,
puis dans une radio (Sender Rot-Weiß-Rot), de nuit, comme script,
et ensuite comme rédactrice.
1952
Première diffusion de la pièce radiophonique Ein Geschäft
mit Träumen (Commerce de rêves). Publications de poèmes
et en particulier du cycle Ausfahrt dans la revue de Hans Weigel Stimmen
der Gegenwart. Mai-juin, invitée par Hans Werner Richter à
la réunion du Groupe 47 à Bad Niendorf au bord de la Mer
baltique. Sur sa proposition, Paul Celan y est également invité.
En décembre, mariage de Paul Celan avec Gisèle Lestrange.
1953
Reçoit en mai le prix du groupe 47. Parution en juillet de l’essai
sur Ludwig Wittgenstein. Elle passe les mois d’août et de
septembre sur l’île d’Ischia en compagnie du compositeur
Hans Werner Henze. Arrivée à Rome en octobre, sa ville
de prédilection jusqu’à sa mort. Parution du premier
recueil de poème Die gestundete Zeit (Le Temps en sursis) à
Francfort.
1954
Publication de l’essai sur Robert Musil dans la revue Akzente.
Célébrée par Der Spiegel en août (Gedichte
aus dem deutschen Ghetto).
1955
Première diffusion de la pièce radiophonique Die Zikaden
avec une musique de Hans Werner Henze. Ce que j’ai vu et entendu
à Rome paraît dans Akzente.
1956
Publication du deuxième recueil de poèmes Anrufung des
Großen Bären (Invocation de la Grande Ourse) chez Piper (Munich).
Réédition du Temps en sursis également chez Piper.
Décembre à Paris, Hôtel de la Paix.
1957
Janvier : prix de la ville de Brême. Première des Nachtstücke
und Arien de Hans Werner Henze avec des poèmes de Bachmann. Déménage
à Munich (adaptatrice à la télévision bavaroise,
1957-1958) 10-13 octobre : rencontre avec Paul Celan à Cologne.
Entre octobre 1957 et février 1960, correspondance particulièrement
intense entre les deux poètes.
1958
Fin janvier, visite de Celan chez Bachmann à Munich. Première
diffusion du Bon Dieu de Manhattan. Celan de nouveau à Munich
en mai. Engagement dans le comité contre l’armement nucléaire.
Rencontre de Max Frisch en juillet. Entre 1958 et 1962 (temps de sa
liaison avec Frisch), elle partagera son temps entre Rome et Zurich.
1959
Prix des aveugles de guerre (Discours On peut exiger de l’homme
qu’il affronte la vérité). À l’automne,
premières conférences à l’Université
de Francfort, où elle inaugure la chaire de poétologie
créée pour elle (Leçons de Francfort).
1960
Le 8 janvier, à Berlin, première de Der Idiot, musique
de Hans Werner Henze, texte de Ingeborg Bachmann. En mai, première
de Der Prinz von Homburg, musique de Henze et libretto de Bachmann,
à l’opéra de Hambourg. Bachmann et Frisch partagent
un appartement à Rome.
1961
Publication du premier recueil de nouvelles Das dreißigste Jahr
(La Trentième année) chez Piper. Elle reçoit le
Prix berlinois des critiques, mais la critique, qui avait porté
aux nues la poétesse, émet des jugements pour le moins
réservés face à la prestation de la prosaïste.
Publication de ses traductions de poèmes de Giuseppe Ungaretti.
1962
Fin de l’année, rupture avec Max Frisch. Séjour
à l’hôpital de Zurich.
1963-1965
Séjour à Berlin à l’invitation de la Fondation
Ford. Rencontre de Witold Gombrowicz. Début du travail au Todesarten-Roman
(« Roman sur les façons de mourir »), qui deviendra
Das Buch Franza puis Der Fall Franza, l’appellation Todesarten
étant réservée par la suite au projet de triptyque.
1964
En janvier et février, deux séjours d’une semaine
à Prague avec Adolf Opel. Écriture des poèmes Prague
64, Enigma et La Bohême est au bord de la mer. Au printemps, voyage
en Egypte et au Soudan avec Opel. En octobre, Prix Büchner. Le
texte prononcé lors de la remise de ce prix paraît en 1965
sous le titre Ein Ort für Zufälle (Un lieu de hasards). Parution
du roman de Max Frisch Mein Name sei Gantenbein.
1965
Le 7 avril, à Berlin, première de l’opéra
de Henze Der junge Lord (libretto d’Ingeborg Bachmann). Elle signe
la « Déclaration contre la guerre au Vietnam » et
s’oppose publiquement à la prescription des crimes nazis.
Rencontre de Anna Akhmatova à Rome, à qui elle dédie
le poème Wahrlich. Se réinstalle à Rome à
la fin de l’année, où elle restera jusqu’à
la fin de sa vie, dans des appartements situés Via Bocca di Leone
60, puis dans le palais Sacchetti, Via Giulia 66.
1966
En mars, lectures dans différentes villes de la RFA d’extraits
du roman Todesarten, pour lequel elle choisira plus tard, après
beaucoup d’hésitations, d’abord le titre Das Buch
Franza, puis Der Fall Franza.
1967
Quitte la maison d’édition Piper, après que Klaus
Piper a choisi le poète nazi Hans Baumann pour traduire les poèmes
d’Anna Akhmatova. Difficultés du fait que la maison Piper
avait déjà pris des options sur ses prochaines publications.
Klaus Piper acceptera finalement en 1970 de publier le recueil de nouvelles
Simultan à la place du roman sur lequel il avait pris une option.
Bachmann commence de travailler au roman Malina, en laissant de côté
le texte dont l’héroïne est Franza.
1968
Parution de quatre poèmes en novembre dans la revue Kursbuch,
parmi lesquels Böhmen liegt am Meer, son poème favori. Reçoit
le Grand Prix national autrichien à Vienne.
1970
Mort de Paul Celan.
1971
Parution du roman Malina chez Suhrkamp. La critique réagit de
façon très négative, ce qui n’empêchera
pas le roman de devenir un best-seller.
1972
Parution du recueil de nouvelles Simultan (Trois sentiers vers le lac)
chez Piper. Elle reçoit le prix Anton Wildgans.
1973
Mort de son père en mars. Début mai, tournée de
lectures-conférences en Pologne. Dans la nuit du 25 au 26 septembre,
elle subit de graves brûlures et meurt des suites de cet accident
le 17 octobre, à l’hôpital Sant’ Eugenio de
Rome. Son corps fut ensuite transporté à Klagenfurt et
enterré le 25 octobre, au cimetière Annabichl.