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Robert Walser

Mai 2003

 

Repères biographiques

1878
15 avril : naissance à Bienne (canton de Berne) de Robert Otto Walser, avant-dernier des huit enfants du relieur et commerçant Adolf Walser et de sa femme Elisa, née Marti.

1884-1892
École primaire et progymnase à Bienne. Lent déclin des affaires paternelles. Dépressions de la mère.

1892- 1895
Apprentissage auprès de la Banque cantonale bernoise à Bienne. 22 octobre : mort de sa mère. Engouement pour le théâtre, participation à une troupe d’amateurs. Rêve d’une carrière d’acteur.

1895
Avril-août à Bâle. Loge chez des parents. Emploi dans le secteur « expédition » d’une banque. Dès septembre : Stuttgart. Loge avec son frère Karl dans une auberge pour compagnons artisans, emploi chez un éditeur. Déroute des espoirs de carrière dans le théâtre.

1896
Début octobre : retour à pied en Suisse. Appartement à Zurich. Emploi comme aide-comptable dans une assurance.

1897
Zurich. Fréquents changements d’adresse. Enthousiasme pour le socialisme. Premier poème conservé. Novembre : donne son congé, court voyage à Berlin. Nombreux poèmes durant l’hiver.

1898
Zurich. 8 mai : première publication de quelques poèmes (anonymes) par Josef Viktor Widmann dans le Sonntagsblatt (Supplément) du Bund (Berne). Rencontre Franz Blei. Nouveaux poèmes.

1899
Janvier-septembre à Thoune. Emplois divers. Mai-juin (probablement) : rapide voyage à Munich. Dès octobre à Soleure, employé auprès de la « Caisse de secours mutuel ». Dès le printemps : écrit quatre « dramolets ». 2 juin : première prose publiée, dans le Supplément du Bund (« Greifensee »). Poèmes dans la Wiener Rundschau et dans Die Insel.

1900
Soleure, Bienne, Zurich. À partir de fin novembre à Munich. Poèmes et dramolet intitulé Le Poète dans Die Insel.

1901
À son retour, en janvier probablement, Zurich. En juillet, nouveau voyage à Munich puis à Berlin en août, puis encore Munich. Dès mi-octobre, Zurich. À Munich, fréquente de nombreux écrivains et artistes, surtout dans le groupe de Die Insel. Nouvelles publications dans cette revue.

1902
Janvier : voyage décevant à Berlin. Février-avril : chez sa sœur Lisa à Täuffelen au bord du lac de Bienne, puis à Zurich. « Les Rédactions de Fritz Kocher », « Le Commis » et « Un peintre » dans le Supplément du Bund ; autres publication dans Die Insel.

1903
Mars-juin : ouvrier à Winterthur, puis école de recrues à Berne. Après un bref séjour à Zurich, commis et factotum chez l’ingénieur-inventeur Dubler à Wädenswil au bord du lac de Zurich.

1904
Zurich. Plusieurs changements de domicile. Emploi auprès de la Banque cantonale. Cours de répétition. Préparation du recueil Les Rédactions de Fritz Kocher, qui paraît en décembre chez Insel (Leipzig) Publications isolées.

1905
Fin mars, départ pour Berlin. Loge chez son frère, le peintre Karl Walser. Passe l’été en Suisse, puis regagne Berlin. Fréquente une école de domestiques. Octobre-décembre : domestique au château de Dambrau, en Haute-Silésie. Publications isolées.

1906
Berlin. Écrit Die Geschwister Tanner (Les Enfants Tanner) et un second roman, perdu. Le lecteur des éditions Bruno Cassirer est le poète Christian Morgenstern.

1907
Berlin. Dès l’été, vit dans son propre appartement. Emploi intermittent en tant que secrétaire de Paul Cassirer, marchand d’art et directeur de la Sécession berlinoise. Fait la connaissance de nombreux artistes, gens de lettres et de théâtre berlinois, ainsi que de Walther Rathenau. Publication des Enfants Tanner. Écrit le roman Der Gehülfe (Le Commis ou L’Homme à tout faire). Nombreuses publications dans des revues.

1908
Berlin. Publication du Commis chez Bruno Cassirer et, à la fin de l’année, d’une édition bibliophile de poèmes (Gedichte) chez le même éditeur. Écrit le roman Jakob von Gunten (L’Institut Benjamenta). Nombreuses publications dans des revues et dans des « feuilletons » de quotidiens.

1909
Berlin. Publication de L’Institut Benjamenta. Nombre d’autres publications en recul.

1910
Berlin. Walser, pour un temps, « garde » l’appartement de son frère au Kurfürstendamm 29, puis déménage dans un quartier extérieur. Peu de publications en revue. Vraisemblablement, travail sur d’autres projets romanesques, qui échouent.

1911
Berlin. Vie retirée. Remplit des fonctions de secrétaire auprès de sa logeuse. Peu de publications.

1912
Berlin. Travail plus soutenu pour de nouvelles revues. Recherche d’éditeur pour des recueils de proses ; Geschichten (Histoires) et Aufsätze (Petits essais) acceptés par Ernst Rowohlt / Kurt Wolff à Leipzig.

1913
Mars : retour en Suisse. Vit tout d’abord auprès de sa sœur Lisa à Bellelay dans le Jura bernois, puis s’installe pour les sept années suivantes à Bienne, où il loge dans une mansarde à l’hôtel de la Croix-Bleue. Début de l’amitié avec Frieda Mermet. Les Petits essais paraissent chez Kurt Wolff. Nombreuses publications dans des revues.

1914
Bienne. 9 février : mort de son père. Après le début des hostilités, plusieurs périodes de service militaire. Au printemps, prépare un recueil intitulé Kleine Dichtungen (Petits poèmes en prose), pour lequel il reçoit le Prix de l’Association féminine pour l’encouragement des poètes rhénans. Le recueil Histoires paraît chez Kurt Wolff. À la fin de l’année, voyage à Leipzig pour dédicacer la première édition des Kleine Dichtungen, produite par l’Association féminine. Nombreuses contributions dans des revues et feuilletons.

1915
Bienne. Début janvier : visite à son frère à Berlin. Deux périodes de service militaire à la frontière. Les Kleine Dichtungen paraissent chez Kurt Wolff. Nombreuses contributions dans des revues et feuilletons.

1916
Bienne. 17 novembre : mort de son frère Ernst Walser à l’asile de la Waldau près de Berne. Walser écrit Der Spaziergang (La Promenade) pour les éditions Huber, à Frauenfeld, et le petit recueil des Prosastücke (Proses) pour les éditions Rascher à Zurich. Nombreuses publications, surtout dans des journaux suisses.

1917
Bienne. À la fin de l’été, longue période de service militaire. Le recueil des Prosastücke paraît chez A. Francke, à Berne, tandis que le recueil Poetenleben (Vie de poète) est publié chez Huber (Frauenfeld). Divers projets de livres n’aboutissent pas. Nombreuses publications dans des journaux suisses.

1918
Bienne. Quatre semaines de service militaire en début d’année. Achève le manuscrit de Seeland, accepté par les éditions Rascher. Un autre recueil prévu ne trouve pas d’éditeur. Achèvement du roman Tobold, détruit par la suite. Publie essentiellement dans la Neue Zürcher Zeitung.

1919
Bienne. 1er mai : suicide de son frère Hermann Walser, professeur de géographie à Berne. Réédition des Poèmes par Bruno Cassirer, Berlin. Préparation de plusieurs recueils de proses brèves qui ne paraîtront pas. Nombreuses contributions dans des journaux et revues. Précarité matérielle.

1920
Bienne. 8 novembre : soirée de lectures de textes de Walser à Zurich, le poète y assiste mêlé au public. Seeland paraît dans une édition bibliophile chez Rascher. Komödie (dramolets de jeunesse) chez Bruno Cassirer à Berlin. Nombreuses publications dans des revues et des journaux. Les honoraires envoyés d’Allemagne se perdent souvent en route.

1921
Déménagement à Berne, emploi de deuxième secrétaire des Archives cantonales bernoises (pour quelques semaines seulement). Petit héritage de son frère Hermann. Eté-automne : travaille sur le roman Theodor (seuls quelques fragments en subsistent). Nombreuses publications.

1922
Berne : deux changements de domicile. En mars, lecture de Theodor à Zurich. Séjour chez le peintre Ernst Morgenthaler. Héritage d’un oncle bâlois. Malgré l’appui de l’Association des écrivains suisses, à laquelle Walser a adhéré et qui a accordé un prêt sur le roman, Theodor ne trouve pas d’éditeur. Peu de publications.

1923
Berne. En juin, séjour à l’hôpital pour une sciatique. En automne, voyage à pied jusqu’à Genève. Très peu de publications.

1924
Berne. Trois changements de domicile. Walser fait tourner court des démarches des éditions Grethlein de Leipzig qui souhaitent le publier et quitte l’Association des écrivains. Préparation du recueil Die Rose (La Rose), qui paraît à la fin de l’année chez Rowohlt à Berlin et sera le dernier livre publié de Walser. Les publications dans des journaux et revues augmentent à nouveau. Nombreuses esquisses non publiées, dont des poèmes, sous forme de « microgrammes » ; c’est sous cette forme que nous sont parvenues la plupart des œuvres inédites postérieures à 1924.

1925
Berne. Quatre changements de domicile. Avril-mai : esquisse des Felix-Szenen (Félix) et du Räuber-Roman (Le Brigand), qui resteront à l’état de manuscrit. Compilation d’un recueil de proses non paru. Très nombreuses publications de proses et poèmes, essentiellement dans des journaux (désormais, surtout dans Prager Presse, Prager Tagblatt, et Berliner Tageblatt). Nombreux autres textes inédits, restés sous forme de brouillons micrographiés ou de copies.

1926
Berne. Quatre changements de domicile. En novembre, émission de Radio-Zurich avec des proses et des poèmes de Walser. Écrit le Tagebuch-Fragment (Fragment de Journal), son dernier long travail en prose, resté sous forme manuscrite. Abondantes publications (proses et poèmes), surtout dans des journaux. Nombreux manuscrits ou esquisses inédits.

1927
Berne. Vaines tractations pour la publication d’un recueil de proses ou de poèmes. Refus temporaire de contributions de la part du Berliner Tageblatt. En général, diminution du nombre de publications. Nombreux manuscrits et esquisses.

1928
Berne. 15 avril : le cinquantième anniversaire de Robert Walser ne fait l’objet que de quelques mentions. Le nombre de publications de ses travaux reste constant. Très nombreux manuscrits et esquisses inédits.

1929
Dans la deuxième moitié de janvier, grave crise psychique, à la suite de laquelle Walser, sur le conseil d’un psychiatre, se fait admettre à l’asile de la Waldau. On y pose le diagnostic de schizophrénie. Après une longue pause, reprise du travail littéraire et de la correspondance avec des rédactions. Peu de publications, davantage de travaux inédits remontant à cette période.

1930
Asile de la Waldau. Walser se voit attribuer une chambre seul, mais à sa demande, il est réinstallé dans une chambre commune. Poursuite limitée du travail littéraire. Publications peu nombreuses dans les journaux habituels, parallèlement à une grande abondance de manuscrits et d’esquisses inédits.

1931
Asile de la Waldau. À la fin de l’année, chambre à deux lits. Sorties occasionnelles à Berne (par ex. pour aller au théâtre). Productivité croissante ; publications en augmentation, nombreux travaux laissés dans les archives.

1932
Asile de la Waldau. Nouveau recul des publications dans les journaux, moins de textes manuscrits.

1933
Tout d’abord, asile de la Waldau. Poursuite limitée du travail littéraire et des démarches pour être publié. Contrat pour une réédition des Enfants Tanner aux éditions Rascher (Zurich). Mai-juin : dans le cadre d’une réorganisation de l’institution, il est prévu de faire sortir les cas légers de l’asile, ou de les placer chez des paysans. Walser refuse. Ses frères et sœurs se déclarent hors d’état de le prendre à leur charge. Le 19 juin, contre sa volonté, il est transféré de force à Herisau, dans l’asile psychiatrique de son canton d’origine (Appenzell-Rhodes Extérieures). Interruption définitive de son travail littéraire. Ni manuscrits, ni esquisses postérieurs à cette date n’ont été retrouvés.

1934-1956
Herisau. Walser se retire dans une existence de patient exemplaire. Juillet 1936 : première visite à Herisau de l’écrivain et journaliste Carl Seelig (1894-1962), qui par la suite l’accompagne dans de nombreuses excursions, lui consacre des essais, puis devient son éditeur et finalement (1944) son tuteur. Le 28 septembre 1943 : mort de son frère Karl à Berne. Le 7 janvier 1944 : mort de sa sœur Lisa à Berne. Le 25 décembre 1956 : Robert Walser meurt d’une défaillance cardiaque à l’âge 78 ans pendant une promenade solitaire dans la neige.

Jochen Greven
Traduit de l’allemand par Marion Graf

 

 

 

 

 

 

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