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Soren Kierkegaard - Penseurs existentiels des années 1930 - Paul Gadenne
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Nous vous proposons dans cette rubrique études & documents qui permettent, en complément des actes du colloque consacré à la revue, de feuilleter quelques pages de la riche histoire d'Europe...
Etudes
Documents (à venir)
Etudes & documents
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J.L Leutrat - Allocution d'ouverture
H. Béhar - Les tables d'Europe
M.C. Bouju - Europe & ses éditeurs
P.E. Robert - Europe, 1934-1939 : les voyages en URSS
N. Racine - Commémorations d'écrivains entre les deux guerres
M. Collot - Supervielle l'européen
N. Raoux - Quand Europe s'ouvrait à "l'autre Allemagne"
J.Y. Guérin - Rédacteur en chef Jean Cassou
A. Roche - La critique littéraire & ses présupposés dans Europe dans les années 30
H. Meschonnic - Europe pour la poésie, la poésie pour Europe aujourd'hui
C. Dobzynski - Un regard intérieur
Actes
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Tables de la revue (1923-2000)
Une petite histoire d'Europe (en préparation)
Actes
du colloque Europe, une revue de culture internationale, 1923-1998 
Tables
de la revue (1923-2000) 
Quelques pages d'histoire
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Jacques Derrida Juin 2004
Une audace
folle ... fou tous ceux que je me serai aliéné
pour ne rien dire... Je ne philosophe que dans la terreur, mais dans la terreur
avouée d’être fou. Ce numéro d’Europe ne se veut naturellement pas une introduction
méthodique à la lecture de Jacques Derrida 1. Il ne prétend
pas être autre chose qu’un témoignage de la richesse
des lectures et contresignatures (comme il aime à dire lui-même)
que sa pensée suscite, partout dans le monde. Les textes qu’on
trouvera ici émanent de philosophes, de littéraires, de
poètes, d’artistes, de traducteurs : écoutes attentives
et reconnaissantes d’une voix singulière qui cherche depuis
toujours à inventer un autre dispositif de pensée, le
lieu paradoxal d’une vérité qui n’exclue pas
la folie, le rêve, l’écriture poétique, la
mise en espace théâtralisée des signes. [...] l’ubris du prophète envoyé pour s’être fait assigner une mission dont la lettre indéchiffrable ne parvient qu’à lui qui n’y comprend pas plus qu’un autre, fors cela même, le désespoir de l’enfant innocent qui se trouve par accident chargé d’une culpabilité dont il ignore tout, le petit Juif chassé du lycée de Ben Aknoun, par exemple, ou le facteur de la drogue incarcéré à Prague, et tout dans l’intervalle, et le voici qui plie sous le fardeau, il l’assume sans l’assumer, nerveux, inquiet, traqué, cadavérisé comme la bête qui fait la morte et se confond avec le feuillage, la littérature en somme, pour échapper aux assassins ou à leur meute, cadavre qui se porte lui-même, lourd comme une chose mais léger si léger, il court il vole si jeune et léger futile subtil agile délivrant au monde le discours même de ce simulacre imprenable immangeable, la théorie du virus parasite, du dedans / dehors, du pharmakos impeccable, terrorisant les autres par l’instabilité qu’il porte partout, un livre ouvert dans l’autre, une cicatrice au fond de l’autre, comme s’il creusait le puits d’une escarre dans la chair […] 4 Une part au moins des réflexions de Derrida sur les bords, les
limites, les partages et passages de frontières (réflexion
indissociablement philosophique, éthique et politique) s’ancre
dans ce questionnement. C’est ainsi — cet exemple entre
mille — qu’il s’efforce inlassablement de concevoir
une antériorité hors chronologie qui donnerait lieu aux
oppositions sans y être prise, à l’image impossible
de khôra, cette figure infigurable de l’origine dans le
Timée de Platon 5. Khôra : autre nom de l’espacement,
de la trace, de la différance, ces concepts inscrits au cœur
même de paradoxes fous. Car il s’agit bien de porter l’écriture
et la réflexion au lieu même de l’intenable, au cœur
du paradoxe déstabilisant, ce redoutable double bind qui —
disaient les anti-psychiatres des années 60 —, risque de
rendre fous ceux qui l’affrontent. C’est le cas aussi de
ces structures topologiques irreprésentables qu’il affectionne,
dans lesquelles la partie est plus grande que le tout, ou de ces figures
« indécidables » que sont le supplément, l’hymen,
la différance, les revenants annonçant l’à
venir, les spectres ni vivants ni morts, ni présents ni absents
: acteurs paradoxaux du théâtre de la pensée derridien.
Ce qu’il appelle encore, en termes poético-philosophiques,
des « prédicats contradictoires ou incompatibles entre
eux dans leur entre même, leur entrelacement 6 ». Il écrit, c’est le mot. Évelyne GROSSMAN
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