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Déjà parus
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Nous vous proposons dans cette rubrique études & documents qui permettent, en complément des actes du colloque consacré à la revue, de feuilleter quelques pages de la riche histoire d'Europe...
Etudes
Documents (à venir)
Etudes & documents
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J.L Leutrat - Allocution d'ouverture
H. Béhar - Les tables d'Europe
M.C. Bouju - Europe & ses éditeurs
P.E. Robert - Europe, 1934-1939 : les voyages en URSS
N. Racine - Commémorations d'écrivains entre les deux guerres
M. Collot - Supervielle l'européen
N. Raoux - Quand Europe s'ouvrait à "l'autre Allemagne"
J.Y. Guérin - Rédacteur en chef Jean Cassou
A. Roche - La critique littéraire & ses présupposés dans Europe dans les années 30
H. Meschonnic - Europe pour la poésie, la poésie pour Europe aujourd'hui
C. Dobzynski - Un regard intérieur
Actes
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Tables de la revue (1923-2000)
Une petite histoire d'Europe (en préparation)
Actes
du colloque Europe, une revue de culture internationale, 1923-1998 
Tables
de la revue (1923-2000) 
Quelques pages d'histoire
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Actes du colloque "Europe, une revue de culture internationale, 1923- 1998"
Henri Béhar : Les cartes d'Europe Le 15 février 1923 paraissait le premier numéro de la revue Europe. Soixante-quinze ans après, à un mois près, un colloque se tenait en Sorbonne pour célébrer cet anniversaire, à l'initiative conjointe du Centre de recherches Avant-garde et modernité et de l'Association des amis d'Europe1. L'idée en était venue ce jour de décembre 1996 où nous étions quelques-uns réunis pour examiner la thèse de Stavroula Constantopoulou, La Fonction de la littérature et le rôle de l'écrivain selon la revue Europe de 1923 à 19392. La discussion entre historiens et littéraires était si passionnante, me semblait-il, qu'elle demandait à être prolongée. Puis l'assemblée générale des Amis d'Europe a rendu cette confrontation encore plus nécessaire, de sorte que ce mien projet a rencontré la demande collective. Il s'agissait donc, à cette occasion, d'évoquer de belles pages de notre histoire littéraire, ou d'autres, peut-être plus pénibles, qui sont de l'Histoire, avec une grande H. Mais ce double parrainage invitait les participants à examiner, avec la rigueur scientifique qui est de mise dans les colloques, certains problèmes relatifs à l'existence de cette revue, à son rôle dans la vie intellectuelle du temps, à sa manière d'articuler la pensée et l'action, de défendre des valeurs intellectuelles et morales en même temps qu'elle promouvait la grande littérature, dans sa dimension internationale, mondiale. Car l'Europe ici invoquée ne doit pas être considérée comme un espace géographique clos, comme une frontière, mais comme le berceau, le point de départ vers un horizon sans limite. On connaît, en gros, le chemin parcouru depuis la naissance d'une revue dans la sphère de Romain Rolland jusqu'à ce numéro paru en mars 1998, significativement consacré à Benjamin Fondane. Bien qu'ils soient peu nombreux, s'arrêtant le plus souvent à la seconde guerre mondiale, ou, plus précisément, à ce mois d'août 1939, date de la signature du pacte germano-soviétique, où, discrètement, la revue est momentanément suspendue3, les travaux historiques existent. Ils nous permettent de distinguer quatre grandes périodes, elles-mêmes subdivisées autant que l'on voudra, en fonction des animateurs effectifs : 1. 1923-1936 : de René Arcos à Jean Guéhenno, ce que j'appellerais un rollandisme bien tempéré ; 2. 1936-1939 ; 1946-1949 : avec Jean Cassou et les " compagnons de route " ; 3. 1949-1994 : des numéros à thèmes aux numéros toujours spéciaux4 ; 4. de 1994 à aujourd'hui : la revendication d'une autonomie absolue. Faisant partie du Comité d'Europe depuis dix-huit ans, je ne saurais être neutre dans l'affaire, et j'admets volontiers que cette périodisation peut être suspectée. En tout cas, elle devra être discutée. On pourra lui opposer un autre découpage, qui serait fonction des éditeurs de la revue : Rieder d'abord, Denoël ensuite, puis la Bibliothèque Française et les Éditeurs Français Réunis, pour en venir à cette autogestion revendiquée aujourd'hui comme un gage de totale émancipation. Non que la revue dépendît intellectuellement, auparavant, des bailleurs de fonds, mais, tout simplement parce que cette gestion autonome oblige à tenir un équilibre constant, sous peine de disparaître. La partition la plus pertinente devra tenir compte du contenu. Elle évoquera le pacifisme intégral des débuts, puis l'antifascisme des années trente, l'anticolonialisme permanent, les combats généreux de la gauche intellectuelle jusqu'à ce jour. En même temps, elle ne pourra faire l'impasse sur les grands écrivains étrangers, les poètes surtout, découverts ou promus par la revue, de Panaït Istrati5 à Tahar Djaout6 en passant par Isaac Babel, Walter Benjamin, Nazim Hikmet. Sans parler des français dont on est surpris de trouver la signature, parfois pour leurs débuts, dans les pages d'Europe, de Montherlant à Céline, Giono, Henri Calet et, sur un autre plan, Raymond Aron, dont les chroniques furent souvent prémonitoires. Bien entendu, il faudra dire ce que fut la collaboration effective de tous ces écrivains qui ont fait la réputation de la revue et lui ont donné sa véritable couleur, par delà le temps qui passe : Romain Rolland, André Chamson, Jean-Richard Bloch, Aragon, Soupault, mon cher Tristan Tzara, et les deux Jean, Guéhenno et Cassou, ces deux très hautes figures qu'il faudra mettre à leur place, la plus élevée, pour l'honneur de l'intelligence. J'ai dit que les travaux des historiens de la culture ne manquaient pas. Ils devront se poursuivre, cependant, pour dire, preuves à l'appui, comment s'est passé le transfert de responsabilité entre Jean Guéhenno et Jean Cassou en mars 1936, sur quoi tous deux sont restés très discrets dans leurs mémoires7. Proche du dernier pour bien des raisons, Jeanyves Guérin, s'en tenant aux textes publiés, nous dira comment s'est dégagée une voie éditoriale conforme à la voie politique, en somme comment la modernité esthétique s'est accommodée du progressisme. Aragon apparaissant déjà à l'occasion du changement de rédacteur en chef, il faudra établir son rôle exact jusqu'à la guerre, et, la paix revenue, la part importante qu'il prit, directement ou non, dans l'orientation de la revue, pour le meilleur et pour le pire. La tâche revient ici à la plus jeune d'entre nous, Marie-Cécile Bouju, auteur d'un mémoire de maîtrise remarqué sur l'histoire de la revue avant la guerre. Bien que leur propos ne s'arrête pas là, Jean-Yves Mollier8 et Pierre-Edmond Robert ont montré comment cette revue a tracé son chemin face à la prestigieuse N.R.F., dont elle partageait (et partage encore) souvent les collaborateurs, en s'impliquant davantage dans le siècle, sans pour autant délaisser la qualité des littératures qu'elle suscitait ; comment, finalement, elle est devenue le porte-parole ou le refuge d'une gauche intellectuelle qui n'a pas honte d'affirmer les valeurs sociales, esthétiques et morales qui sont sa raison d'être. Asile, Europe le fut, à sa manière, pour les écrivains exilés allemands, qui, durant six ans, avant la guerre, y trouvèrent plus qu'un accueil, un lieu de parole, une tribune et un recours. Nathalie Raoux en montre précisément les modalités complexes. Et c'est encore parce que les responsables de la revue n'ont jamais séparé le politique du poétique que Nicole Racine étudie la place et le rôle des numéros commémoratifs, prototype de ce que sont les actuelles livraisons, et qu'Anne Roche détermine les contours de la critique littéraire dans cet ensemble, ou plus exactement ses présupposés idéologiques. Qu'ils soient erratiques, voire contradictoires, négligeant toute doctrine, ne surprendra personne. Il n'est pas dit que la poésie doive se contenter de la portion congrue : à travers l'exemple de Supervielle (qui aurait pu s'étendre à d'autres si le temps de préparation ne lui avait manqué), Michel Collot dit l'accueil fait au poète aux origines de la revue, et Henri Meschonnic, poète lui-même, se souvenant de la façon dont il fut traité lors de ses premiers pas, situe le rôle de la revue en ce domaine, durant ces vingt dernières années, alors que la cité a chassé les voleurs de feu. Autre poète quotidiennement à la tâche, il appartenait à Charles Dobzynski d'expliquer comment la revue a pu tenir le cap, à travers quels aléas, et comment elle peut se présenter à nous, toujours aussi vivante. On regrettera l'absence de contributions relatives à chacune des littératures, à chacune des cultures dont la revue a traité, à travers les auteurs les plus valeureux qu'elle a fait connaître comme je l'ai déjà indiqué, ou bien à travers ces numéros spéciaux qui nous font voyager en esprit et nous révèlent les amis inconnus. Ce sera l'objet, n'en doutons pas, de futurs travaux, auxquels seront conviés les chercheurs qui, de France ou de l'étranger, scrutent chacune de nos pages. Henri BÉHAR Notes 1. Le colloque s'est tenu le vendredi 27 mars 1998, salle Louis Liard, à la Sorbonne. 2. Thèse pour le doctorat, sous la direction d'Henri Béhar, soutenue à Paris III le 19 décembre 1996, 585 p. 3. J. Kvapil, Romain Rolland et les amis d'Europe. 4. Certes, l'empan peut sembler trop large, et cette période recouvrir des données fondamentalement divergentes, comme le laisse entendre, ici même, Charles Dobzynski nuançant les propos de Jean-Louis Leutrat. 5. " Kyra Kyralina ", 15 juillet 1923, p. 260. 6. " Poèmes ", juillet-août 1976, p. 159 ; " L'offensive ", avril 1992, p. 169. 7. Voir : Jean Guéhenno, La Foi difficile, Grasset, 1957, p. 177-182. 8. Jean-Yves Mollier a présenté une communication situant Europe parmi les diverses stratégies éditoriales depuis le XIXe siècle. Cependant, requis par la rédaction d'un ouvrage, il n'a pas eu le loisir de transcrire ses notes en vue de la publication. Nous le regrettons pour le lecteur, et attendons ce livre pour en rendre compte ici même.
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