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Nous vous proposons dans cette rubrique études & documents qui permettent, en complément des actes du colloque consacré à la revue, de feuilleter quelques pages de la riche histoire d'Europe...
Etudes
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Etudes & documents
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J.L Leutrat - Allocution d'ouverture
H. Béhar - Les tables d'Europe
M.C. Bouju - Europe & ses éditeurs
P.E. Robert - Europe, 1934-1939 : les voyages en URSS
N. Racine - Commémorations d'écrivains entre les deux guerres
M. Collot - Supervielle l'européen
N. Raoux - Quand Europe s'ouvrait à "l'autre Allemagne"
J.Y. Guérin - Rédacteur en chef Jean Cassou
A. Roche - La critique littéraire & ses présupposés dans Europe dans les années 30
H. Meschonnic - Europe pour la poésie, la poésie pour Europe aujourd'hui
C. Dobzynski - Un regard intérieur
Actes
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Tables de la revue (1923-2000)
Une petite histoire d'Europe (en préparation)
Actes
du colloque Europe, une revue de culture internationale, 1923-1998 
Tables
de la revue (1923-2000) 
Quelques pages d'histoire
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Actes du colloque "Europe, une revue de culture internationale, 1923- 1998"
Jeanyves Guérin : Rédacteur en chef Jean Cassou En février 1936, Jean Guéhenno, en post-scriptum à un article, annonce : " Des circonstances indépendantes de ma volonté me contraignent à abandonner la rédaction en chef d'Europe. " C'est Jean Cassou qui le remplace. Il a, comme son prédécesseur, des liens avec la NRF et a longtemps tenu une chronique de poésie aux Nouvelles littéraires. Les dix romans, poèmes et essais critiques qu'il a publiés lui confèrent une appréciable légimité. C'est un héritier des Lumières et du romantisme (il regrette que Maurras ait communiqué son hugophobie au milieu littéraire 1), un homme de culture et un militant. Paul Vaillant-Couturier lui avait demandé de collaborer à L'Humanité. C'est, confiera-t-il plus tard, Aragon qui l'a choisi 2. Les difficultés financières que Pierre Abraham allègue encore en 1973 3 ne sont qu'un prétexte. Guéhenno ne s'y trompe pas et le fait savoir à Romain Rolland 4 : les " amis d'Europe " ont voulu son remplacement à la tête d'une revue prestigieuse par un compagnon de route sûr sinon par un homme lige 5. Son œcuménisme jauréssien _ " Nous étions sans fanatisme, et Europe était ouverte à tous ces frères ennemis. Je ne voulais choisir ni entre les partis, ni entre les sectes 6 " _ n'est plus de saison. Plus question de publier Raymond Aron, Panaït Istrati, Victor Serge ni, bien sûr, Trotsky. Romain Rolland et les vétérans de son réseau, René Arcos, Jean-Richard Bloch, Luc Durtain, Francis Jourdain, Charles Vildrac, Léon Werth ont entériné le changement de direction. Dans son premier éditorial (15 mai 1936), Cassou affirme un souci de la continuité. Y a-t-il eu changement d'orientation en cette année historiquement cruciale ? Parlons plutôt d'un infléchissement qui s'est fait en deux temps. Guéhenno, en accord avec Romain Rolland, avait consenti de larges concessions aux communistes. " Revue d'idées ", " revue engagée 7 ", Europe a toujours fait une place importante à l'événement. Dans les années que nous considérons, la revue épouse plus étroitement les positions politiques du parti communiste. Les " commentaires " de Jean-Richard Bloch sont, à cet égard, d'une parfaite orthodoxie. Le Parti n'a pas à se plaindre non plus des chroniques de Jean Cassou. La priorité est plus que jamais à une défense militante de l'Union soviétique. Qu'ils soient de Bloch ou de Georges Friedmann, les articles ne manifestent pas la moindre réserve. Ce que le premier justifie ainsi : l'opportunité passe avant les grands principes. Que l'État des ouvriers est devenu le meilleur rempart contre le fascisme, est au cœur de la doxa. Charles Steber donne une image idyllique du Birobidjan (15 décembre 1937) et Étienne Milhaud ne craint pas d'opposer un droit soviétique qui est fidèle aux exigences humanistes des Lumières au droit français qui leur est infidèle (15 mai 1937). Il semble que de nombreux lecteurs aient fait savoir à Jean Cassou que cette ligne inconditionnellement pro-soviétique les heurtait. On ne comprend pas autrement sa chronique du 15 février 1937 intitulée " Unir ". Il s'y défend de tout esprit d'orthodoxie et persiste à refuser tout antisoviétisme. Il y a, bien sûr, ce qu'on sait à l'époque et ce qu'on sait aujourd'hui. Le Staline de Souvarine date de 1935. Cette démythologisation implacable du totalitarisme soviétique va contre la logique idéalisante et même négationniste qui est à l'œuvre dans la presse progressiste. La monstruosité terroriste et policière du régime stalinien n'est alors ni acceptable ni pensable. L'indignation sincère contre les crimes du nazisme détourne l'attention des crimes non moins réels du communisme. En 1936, Aragon avait présenté Cassou à Boukharine. Quand, deux ans plus tard, celui-ci est fusillé, Europe garde le silence. Les campagnes des surréalistes et de Victor Serge sur les procès de Moscou n'y trouvent aucun écho. Pour l'essentiel, une lecture des textes politiques confirme la thèse de Furet 8. Après le traumatisme de 1914-1918 (Verdun joue dans les années 1920 le même rôle qu'Auschwitz dans les années 1990), la social-démocratie est durablement délégitimée. Le communisme, le marxisme et l'URSS sont inscrits dans le double héritage des Lumières et de la révolution française et pensés selon leurs catégories : 1793, 1848, 1871 et 1917 forment une chaîne de dates. Ce qui se passe en URSS ne soulève aucune objection : le peuple s'y défend contre ses ennemis. Que Rolland, Cassou et alii, qui ne sont pas membres du PCF et qui n'ont pas reçu d'éducation marxiste, en soient arrivés là, montre, si besoin était, la persistance de l'imaginaire jacobin. La guerre d'Espagne a emporté les derniers scrupules de Bloch et évidemment de Cassou lui-même. Pour ce dernier, elle a parachevé ce qu'avait montré le 6 février 1934 : les démocraties ne savent ou ne veulent pas combattre le fascisme. Il a passé la liquidation du POUM par pertes et profits de l'histoire. Il a donc souscrit à l'instrumentalisation communiste de l'antifascisme. Cela signifie que le bolchévisme l'emporte sur la culture dreyfusiste. Retour de l'URSS reçoit une réplique ferme mais polie de Friedmann (15 janvier 1937). Gide, qui n'a jamais été proche de la revue, est ménagé. René Bertelé lui souhaite de ne pas connaître le destin d'Unanumo (15 juin 1937). À l'époque seul de rares auteurs comme Simone Weil ou Raymond Aron s'efforcent de penser ensemble Hitler et Staline. " La faute de presque tous les hommes de gauche depuis 1933, écrit Orwell, est qu'ils ont voulu être antifascistes sans être antitotalitaires 9 ". Il semble que c'est en 1937-1938 que la pression idéologico-politique soit la plus forte. Dans l'année qui suit, le cent-cinquantenaire de la Révolution française donne lieu à un numéro spécial équilibré où l'on trouve les signatures de Romain Rolland, Raymond Queneau, Walter Benjamin mais aussi de nombreux historiens légitimes, Lucien Febvre, Georges Lefebvre, Louis Gillet, Édouard Dolléans. Sur le terrain littéraire, les choses sont moins abruptes. Les années 1920 ont vu les revues s'ouvrir et à la littérature étrangère et à la modernité. La Nouvelle Revue française, Commerce, La Revue européenne donnent alors l'exemple. Europe mérite son nom, qui avait publié avant 1936 Pirandello, Shaw, Yeats, Synge, Wells, Conrad, D.H. Lawrence, Virginia Woolf, Dos Passos, Rilke, Musil, les frères Mann, Lagerqvist, Gorki évidemment, Pilniak mais aussi Bounine et Zamiatine. Après 1936, le bilan est moins brillant : des nouvelles de Zamiatine et de Remizov, un poème de Pasternak, des extraits de Brecht (Grand-peur et misères du Troisième Reich). La priorité est donnée à des témoignages sur l'événement _ un récit de Koestler (15 avril 1939), un discours de Machado, un essai de Joseph Roth. La personnalité de Cassou et la guerre d'Espagne expliquent la place faite à Garcia Lorca, Machado et Unanumo. La part de la littérature traduite s'est indéniablement restreinte. " L'heure est aux correspondants de guerre, non aux écrivains. " Romain Rolland, pour lequel Cassou éprouve une sincère admiration, reste l'autorité morale. Des bonnes feuilles de ses œuvres (Beethoven, Robespierre), ses appels figurent toujours en tête de sommaire. Giono l'a-t-il taxé de bellicisme après Munich, il reçoit aussitôt une vive réplique de René Arcos (15 janvier 1939). À quelque génération qu'ils appartiennent, ses fidèles, Arcos et Vildrac, les anciens de l'Abbaye, Bloch partagent ses conceptions littéraires qui sont passéistes. Cassou, qui est plus jeune et plus ouvert à la nouveauté, n'a pas, semble-t-il, cherché à moderniser la littérature publiée par Europe. Lui-même venait, il est vrai, de publier un roman-fresque sur la Commune, Les Massacres de Paris qui s'inscrit dans la poussée réaliste de l'époque. Il s'est convaincu que l'urgence appelle une littérature " responsable ", fidèle à la réalité, en prise sur la société et sur l'histoire. À peine en fonctions (mai 1936), il l'affirme après Nizan. La valeur est clairement placée du côté du réalisme, non de la recherche formelle ni de la fonction poétique. La polyphonie et la polysémie ne sont pas de saison. On n'en fait pas, pour autant, le procès. C'est à des auteurs aujourd'hui oubliés, Joseph Voisin (Et il revint au port), Albert Soulillou (Jo-les-Gorgones) et Robert Honnert (Madame Emile Mettraz) ou au fidèle Luc Durtain (La guerre n'existe pas) qu'Europe commande des feuilletons. Aragon, Guilloux, Chamson, Dabit, Martin du Gard, donnent des nouvelles ou de bonnes feuilles de leurs romans. On a là une constellation cohérente à dominante réaliste. La revue privilégie une littérature qui, bien qu'en crise, a été relégitimée car son esthétique fait partie intégrante de la doxa progressiste. C'est dans Europe, ne l'oublions pas, qu'Emmanuel Berl avait pré-publié, en 1929, de larges extraits de Mort de la pensée bourgeoise, livre qui conforte la gauche dans son rejet de la modernité. Parmi les grands auteurs de l'entre-deux-guerres, on peut noter la place importante accordée à Montherlant. Année après année, Europe égrène des extraits de sa Rose de sable et publie de lui des textes de circonstance. En comparaison, celle faite à Malraux est curieusement réduite. On sait que c'est à Commune qu'il confie ses textes politiques et à Ce soir les extraits de L'Espoir. La poésie fait les frais de la conjoncture. Cassou publie des poèmes civiques sinon politiques d'Éluard, Pierre-Jean Jouve, Supervielle, Tzara voire d'Audiberti, auteur qu'il avait découvert. Les seuls poèmes détachés de l'actualité qui trouvent place dans la revue sont d'Ivan Goll (novembre 1937) et de Michaux (15 octobre 1937). Les surréalistes expient un double tort. Ils se sont exclus du rassemblement populaire et, parmi eux, Breton a signifié sa " défiance " à l'URSS. Quant à Péret, il s'en était jadis pris à Romain Rolland. Ces trublions, de plus, contestent et les grandes formes et l'esthétique réaliste. Ceux d'entre eux qui ont pris place dans les rangs du Front populaire, Éluard en tête, publient à Europe. Aragon apparaît mais c'est comme romancier néo-naturaliste et éditorialiste politique (" Ne rêvez plus qu'à l'Espagne ! ", 15 novembre 1936). Robert Desnos, en 1939, recense les nouveautés du disque. En revanche, Philippe Soupault, très présent depuis 1926, s'est éloigné de la revue. Avant 1936, Europe avait donné leur chance à de jeunes auteurs qui s'appellent Jean Grenier, Marguerite Yourcenar, Emmanuel Bove, Henri Calet. Mais c'est la Nouvelle Revue française moins militante (la politique y est abordée mais en de courtes notes signées par des écrivains), qui les capte et les fidélise. Les phares des années 1930 s'appellent Claudel, Malraux, Gide, Valéry. C'est dans cette même NRF tant détestée et vilipendée par Romain Rolland 10, qu'ils écrivent. La même évolution se remarque dans la rubrique critique. Dans les années 1930-1936, les comptes rendus de livres récents sont confiés à Guéhenno lui-même, Eugène Dabit, Jean Blanzat, Marc Bernard et Philippe Soupault. Ainsi Dabit recense-t-il Les Cloches de Bâle, Blanzat Le Sang noir et Le Cheval de Troie, Soupault un livre de Dabit. Dans les années 1936-1939, les " panoramas critiques " de Henri Hertz sont des fourre-tout et les quelques notes de Franz Hellens ne compensent pas la mort de Dabit et l'éloignement de Blanzat et de Soupault. Le commentaire de L'Espoir est confié à un communiste hongrois, qui salue un " monumental reportage lyrique ". La question de la littérature prolétarienne, débattue dans l'entre- deux-guerres, n'est pas de celles qui orientent vers la production moderniste. Alors qu'en France le " retour à Zola " est à l'ordre du jour, au début des années 1930, les soviétiques entendent imposer le réalisme socialiste. Léon Moussinac leur fait écho (" Réalisme socialiste ", 15 juin 1936). Aragon, pour sa part, se montre plus prudent. Europe publie de lui une conférence œcuménique où il situe le réalisme socialiste dans la continuité du " réalisme français " (15 mars 1938), invoquant ou convoquant, entre autres, le maître de Moulins, Fouquet, Clouet, Philippe de Champaigne, Le Nain, Callot, Chardin, Poussin, Rousseau, Diderot, Hugo, Daumier. Le débat néanmoins tourne court. Le temps n'est pas encore venu des normes esthétiques. Le même Aragon (" La nouvelle épopée ", 15 juillet 1938) célèbre non seulement L'Espoir _ " un livre capital de notre temps " _ mais aussi Les Grands Cimetières sous la lune _ " livre âpre et magnifique ". Mauriac est, pour lui, un " catholique inspiré " et Montherlant méprise le monde bourgeois qui l'entoure. Et de suggérer que se noue une " union nouvelle " tournée vers la " compréhension du monde réel ". L'heure n'est décidément pas au sectarisme. La bonne surprise vient des arts du spectacle. Le théâtre est confié à Dominique Braga. Celui-ci, après Léon Ruth, salue la rénovation des théâtres subventionnés, et notamment de la Comédie-Française. Il n'y en a pas que pour Quatorze Juillet et Naissance d'une cité. Il y en a aussi pour Les Parents terribles et La terre est ronde. Daniel Lazarus salue Jeanne au bûcher comme un chef-d'œuvre (15 juillet 1939). Léon Werth succède à Soupault comme chroniqueur de cinéma. Loin de privilégier les films de Renoir (même La Vie est à nous), il apprécie éclectiquement Les Temps modernes, Hôtel du nord, Les Hauts de Hurlevent et même ... Blanche-neige et les septs nains. Il est manifeste qu'il bénéficie, comme Braga, d'une large autonomie d'appréciation. Les consécrations de contemporains répondent à la même préoccupation. Publier les souvenirs de Geneviève Favre (du 15 février au 15 avril 1937), c'est honorer Péguy dont les Cahiers de la quinzaine, auxquels Romain Rolland collabora, restent un modèle admiré. Ont droit à de longs articles, qui peuvent à l'occasion proposer de leur œuvre une lecture marxiste, Thomas Mann, Jules Romains et, c'est à noter, Proust (article de Léon Pierre-Quint), qui, on le sait, n'est pas en faveur chez les écrivains de gauche. Philippe Soupault avait, en son temps, salué l'Ulysse de Joyce. En 1938, Jacques Mercanton consacre à ce livre un long article que, dix ans plus tard, Europe n'aurait certainement pas publié. On remarque enfin un long article de Thomas Mann sur Freud (15 mai 1937), lui aussi impensable dans la période suivante. L'hommage à Georges Chennevière réunit René Arcos, Charles Vildrac, Georges Duhamel, Jules Romains. Les premiers restent à Europe, les seconds s'en sont éloignés. Cet hommage souligne la place que tiennent à la revue les anciens de l'Abbaye. Quand meurt Élie Faure, qui collaborait à la revue, celle-ci lui consacre une nécrologie très pluraliste où voisinent, entre autres, Montherlant, Le Corbusier, Pierre Abraham. Dans le même numéro, celle de Vaillant-Couturier est confiée au seul André Wurmser qui salue le militant et oublie l'écrivain (15 novembre 1937). Plus tard Cassou lui-même se charge de l'adieu à Machado (15 mars 1939). L'hommage nécrologique à Gorki, écrivain phare d'Europe, réunit Romain Rolland, Aragon, Heinrich Mann, Durtain, Vildrac. La même année, la mort de Pirandello passe inaperçue. Il lui est manifestement fait grief d'avoir été complaisant à l'égard du fascisme. En 1935, Europe célèbre le cinquantenaire de la mort de Hugo par des contributions de Romain Rolland, Heinrich Mann, Alain, Pierre Abraham, Jean Cassou, Jean-Richard Bloch, André Chamson, Luc Durtain, Philippe Soupault, Jean Guéhenno. Deux ans plus tard, le tricentenaire du Discours de la méthode permet de constater l'évolution de la revue. Georges Friedmann, Lucie Prenant, Paul Labérenne, Henri Lefebvre et Norbert Guterman donnent à l'événement une nette coloration. L'alliance entre rationalisme et marxisme qui se rode ici annonce celle que pratiquera La Pensée. Europe, quelques mois plus tard, salue la fondation de cette revue. Dans la période suivante, les échanges seront denses entre les deux mensuels que rapproche un même souci de l'héritage classique et un lectorat où nombreux sont les enseignants 11. Europe manifestement continue à attirer des signatures de renom mais a du mal à les fidéliser. On a un noyau restreint de collaborateurs permanents et de nombreux occasionnels, dont certains seront consacrés. Parmi ces derniers, on citera Walter Benjamin, Vladimir Jankélévitch, Étiemble et même Jean-Paul Sartre, qui, après une recension de Bonsoir Thérèse, publie une première et dernière chronique en juin 1939. La revue, on le sait, se saborde en septembre 1939 et reparaît en janvier 1946. Jean Cassou, dont de Gaulle a fait un commissaire de la république et un compagnon de la libération, en redevient le rédacteur en chef. Auréolé par son prestige de grand résistant, il accepte le magistère moral du PCF. Dans son premier éditorial, il rend d'abord hommage à Romain Rolland et annonce que, fidèle à sa leçon, la revue va être française, humaniste et universaliste. Le lecteur attend des explications sur sa suspension. " En septembre 39, écrit-il, Europe s'est tue, et chacun de ses principaux collaborateurs s'est employé de son mieux, là où le sort le plaçait, à la cause de la patrie et de l'humanité. " On ne saurait être plus elliptique. À la fin du numéro figurent des textes de l'avant-guerre sur l'Espagne et Munich ainsi que le mémorable éditorial de Romain Rolland " Deuil sur l'Europe ". Le pacte germano-soviétique, qui a profondément divisé les rédacteurs _ Cassou l'a sur le coup désapprouvé 12 _ est devenu un non-événement. Bloch, un peu plus loin, donne la version officielle : " La voix d'Europe a été étouffée. Europe a dû se saborder, dès le mois de septembre 1939, à cause des opérations de police qui se déchaînaient alors. " De la seconde guerre mondiale et de ses séquelles Europe propose une " rationalisation marxiste 13 ". Aucune dissonance n'est perceptible. Gandhi s'est effacé. Son assassinat et l'indépendance de l'Inde sont des non-événements. La réconciliation avec l'Allemagne n'est plus à l'ordre du jour. Le cosmopolitisme, le pacifisme et la non-violence sont disqualifiés. De l'héritage rollandiste il ne reste qu'un attachement inconditionnel à l'URSS. Stalingrad ayant justifié et les procès de Moscou et le pacte germano-soviétique, la moindre critique au régime signifierait une concession à un fascisme vaincu certes mais dont la matrice capitaliste, à l'ouest, n'a pas été détruite. La continuité avec l'immédiat avant-guerre est moins dans les hommes que dans la lecture de l'événement. Bloch, qui est désormais le grand ancien, continue à livrer mois après mois ses " commentaires ". Arcos et Werth, Friedmann, Jankélévitch, Henri Hertz, Gabriel Audisio, André Chamson sont certes de retour mais c'est pour d'épisodiques apparitions. Plusieurs d'entre eux vont s'éloigner rapidement. Sartre, en revanche, n'est pas revenu. Il est, en 1946, en froid avec les communistes. De même, Étiemble et, évidemment, Guéhenno. Commune n'ayant pas reparu, c'est à Europe qu'Aragon égrène ses " Chroniques du Bel canto ". De nouvelles figures remplissent les sommaires de la revue : Guillevic et Vercors, Pierre Courtade, Claude Roy, Francis Crémieux, Jacques Gaucheron, Jean Marcenac, Pierre Gamarra, André Stil, Jean Kanapa, Gilbert Mury et Pierre Daix n'ont pas participé à l'Europe de Romain Rolland. Cette génération de l'après-guerre est presque exclusivement issue du parti communiste et doit tout à Aragon. Europe puise dans un vivier désormais restreint où nombreux sont les auteurs " prolétaroïdes 14 ". Il s'en suit une indiscutable fermeture. À l'actif de la revue on ne peut guère mettre que des poèmes, inégaux au demeurant, d'Aragon, Éluard, Guillevic, dont l'un intitulé " les trusts ", Tzara, et aussi Jean De Boschère, André Spire, Pierre Seghers, Loys Masson, René-Guy Cadou, Georges-Emmanuel Clancier, Jean Cayrol, qui publie aussi aux Temps modernes et passe rapidement à Esprit. Le reste n'aurait pas trouvé place dans ces deux revues. Les romans débités en feuilleton _ L'Étang de l'or de Gaston Baissette, La Fin des temps anciens de Vladislav Vancula, Don Jullian de Jaime Sabartes, Les Survivants de Jean Viollis, Les Désespérés de Howard Fast _ n'ont laissé aucun souvenir. Et que dire du Don Juan du nord de Henri Lefebvre, la seule pièce publiée ? La revue abandonne à d'autres, et d'abord aux Temps modernes, la détection et la promotion des nouveaux auteurs qui s'appellent Samuel Beckett, Maurice Blanchot, René Char, Marguerite Duras, Jean Genet, Henri Pichette, Nathalie Sarraute, Boris Vian. La littérature étrangère publiée vient principalement des pays de l'est et, si l'on excepte un récit d'Ivo Andric, est de médiocre qualité. Pour les autres pays, elle est l'œuvre d'écrivains communistes tels que Neruda, Elio Vittorini, Nazim Hikmet et ... Mao Tsé Toung (janvier 1949). Dans les années 1930, Europe publiait Faulkner, dans les années 1946-1949 la littérature nord-américaine se réduit aux écrits de Howard Fast et Albert Maltz 15. Quand il reste de la place, on célèbre le patrimoine. Europe publie ainsi des inédits de Victor Hugo et de Marceline Desbordes-Valmore, puis d'Edgar Quinet et de Jules Vallès. Des articles de Francis Jourdain et de Jacques Kayser commémorent le cinquantenaire de " J'accuse " (janvier 1948) et, pour le quadricentenaire de Cervantes, dont il est un spécialiste reconnu, Jean Cassou réunit un dossier de bon niveau (novembre 1947). Louis Martin-Chauffier parle de Chateaubriand (juillet 1948), Pierre Guéguen de Giraudoux et de son style (mars 1947), Claude Aveline d'Anatole France et Tristan Tzara de Rimbaud (décembre 1948). C'est de ce côté que viendra, plus tard, la renaissance de la revue. Les mêmes principes régissent le suivi de l'actualité littéraire. Si Claude Roy est une excellente recrue (son compte rendu de La Peste est critique mais mesuré et il sait reconnaître la grandeur de Claudel), on note dès 1947 une nette priorité donnée au politique, en l'occurrence aux écrivains du parti. Claude Roy et Pierre Daix font l'éloge d'Aragon, Jacques Gaucheron celui de Tzara (août 1947) et Payet-Burin celui du compagnon de route Benda (mai 1948). C'est de Paul Tillard, Elsa Triolet, Jean Kanapa, Simone Téry, Claude Roy, Léon Moussinac, Howard Fast, etc. que l'on commente chaque livre. La moindre œuvre traduite du russe est portée aux nues, fût-ce Terres défrichées de Cholokhov ou Jeune Garde de Fadeïev. Qui ne connaîtrait de la littérature publiée en 1947-1948 que celle recensée à Europe verrait en Gallimard un petit éditeur et penserait que l'essentiel des livres édités le sont à la Bibliothèque française, aux Éditions sociales, hier et aujourd'hui, Raisons d'être, etc. En ces années-là paraissent Un Roi sans divertissement, Exercices de style, Citadelle, Portrait d'un inconnu, etc. Le cas du théâtre est encore plus frappant. Un nouvel âge d'or commence au lendemain de la Libération qu'illustrent les noms de Camus, Sartre, Montherlant, Audiberti, Roblès, Genet, Pichette, etc. Francis Crémieux commence par donner une recension amicale de Caligula, mais, par la suite, il éreinte Morts sans sépulture et La Folle de Chaillot et ne consacre que quelques lignes condescendantes au Mal court, premier chef-d'œuvre du nouveau théâtre. Son successeur Georges Magnane ne se montre pas plus compréhensif. S'il fallait une preuve des valeurs alors honorées à Europe, on l'aurait dans le numéro de janvier 1948 : six pages dithyrambiques de Jacques Gaucheron pour un recueil de Guillevic, moins de vingt lignes pour Le Bavard de Louis-René des Forêts : " une erreur " ou un " canular ". Peu après, L'Écume des jours est exécuté en cinq lignes hostiles. Chez les contemporains, seul Martin du Gard a droit, pour les Thibault, à des articles élogieux de Roger Ikor (juin 1946) et de Claude Roy (décembre 1948). Montherlant et Giono, jadis auteurs maison mais qui n'ont pas été résistants, sont oubliés et, à l'occasion, égratignés. De même un quasi silence est fait sur Sartre, Malraux, Gide 16, Mauriac et, pour les maîtres de la modernité, Joyce et Kafka 17 à qui leur prestige vaut, au même moment, d'être violemment pris à partie comme décadents dans Action, Les Lettres françaises, La Pensée et La Nouvelle Critique. La philosophie tient une place élargie, comme le veut l'air du temps. D'un côté, les chroniques d'Alexandre Koyré, conformes aux normes académiques, n'ont qu'un temps ; de l'autre la défense et illustration militante du marxisme est de rigueur, confiée aux auteurs de La Pensée. René Maublanc puis Auguste Cornu traitent ainsi Roger Garaudy en géant de la pensée. Entre les deux, Jean Auger-Duvignaud. Europe, c'est à noter, fait peu de place aux existentialistes qui tiennent alors le haut du pavé. Henri Mougin rappelle tôt l'influence exercée sur Sartre par Heidegger (avril 1946) dont Lukacs rappelle les accointances avec le national-socialisme. Tout est simple : Sartre est un heideggerien et Heidegger est un nazi. Gorki reste la référence, dont la revue publie des inédits et exalte le message. Jean-Richard Bloch rend hommage à l'écrivain russe pour le dixième anniversaire de sa mort. Lui-même est maintenant l'autorité morale de la revue. Il n'est pas indifférent qu'il ait passé les années de guerre en URSS. Cassou, Arcos et Jourdain célèbrent son soixantième anniversaire. Quand il disparaît, Cassou, Aragon et Vildrac lui rendent hommage. Les morts de Ramuz, Bernanos, Artaud et Suarès, au même moment, ne sont même pas signalées. Europe tient son rôle dans la bataille idéologique qui alors fait rage. Un exemple caricatural est tôt fourni par un article, traduit du russe, où un certain Pessis se déchaîne contre Jules Romains. L'auteur des Hommes de bonne volonté est rangé parmi les traîtres, promu " agent de Ribbentrop, de Goebbels et d'Abetz ". Il est passé " du dogmatisme unanimiste à la démagogie fasciste ". Le pacifiste, par peur du peuple en guerre, est devenu idolâtre de la caste militaire. Prélude à Verdun " chante Munich ", etc. Jules Romains fut, avant 1939, un collaborateur d'Europe. Il a passé les années de guerre outre-Atlantique. On peut s'interroger sur la façon dont les anciens de l'Abbaye ont accueilli cet article. On citera aussi la charge de Julien Benda contre Jean Paulhan, " fossoyeur de la France ". Les deux auteurs ont un long contentieux qu'envenime le plaidoyer du second pour le droit à l'erreur 18. Au-delà de Paulhan c'est évidemment la défunte NRF (et accessoirement les Cahiers de la pléiade) qui est visée : " joaillerie de la forme, pauvreté du contenu ". Claude Morgan, au même moment, se montre plus violent dans Les Lettres françaises. Koestler, de même, est, pour Gilbert Mury, " l'ennemi du peuple " (février 1947). C'est " un écrivain hongrois de langue allemande qui s'est récemment fixé à Londres ", donc un cosmopolite, non un internationaliste. Mury produit une citation de Mein Kampf. " Ce texte signé Hitler renferme, écrit-il, l'essentiel des thèmes du romancier de l'humanisme occidental. ". Et voilà disqualifié l'auteur du Testament espagnol, qui, de même que Kravchenko, est sans cesse pris à partie. Dans les deux cas, l'article s'inscrit dans une campagne, son titre est fracassant mais l'argumentation n'atteint pas le même niveau de véhémence hystérico-militante qu'au même moment les libelles de Kanapa et Garaudy 19. Aragon exerce une influence considérable, sinon le pouvoir effectif à Europe 20. Sa " Chronique du bel canto " a laissé, en 1947, la place à une " Chronique de la pluie et du beau temps ", polémique et politique. En octobre 1948, il compromet la revue en imposant un volumineux dossier intitulé " une discussion en URSS " auquel lui-même a donné une préface-fleuve et une postface. Lyssenko, assure-t-il, est fidèle aux principes du matérialisme dialectique. Staline et Jdanov, dont la revue, l'année précédente, avait publié un discours fleuve (" Sur l'histoire de la philosophie ", novembre 1947), sont aussi mis à contribution. Une conception partisane de la science se met en place qu'un Marcel Prenant alors refuse. L'ensemble, souvent cité, reste un monument du stalinisme français 21. Dans le même numéro, Pierre Daix tire la leçon du congrès de Wroclaw 22 et André Stil publie un récit ouvriériste. La revue touche le fond. Peu après, Cassou abandonne ses fonctions à Pierre Abraham. La politique n'a rien à voir dans ce retrait. Ne vient-il pas de témoigner contre Kravchenko ? Rien n'indique alors que, quelques mois plus tard, il va rompre avec le parti communiste. La gestion éditoriale d'un mensuel est un travail à plein temps. On sait qu'un Emmanuel Mounier s'y est épuisé. Cassou parallèlement s'occupe des beaux-arts au cabinet de Jean Zay puis est conservateur en chef du Musée national d'art moderne. Non seulement il écrit peu dans Europe, pour l'essentiel, de bonnes feuilles de ses livres, de rares éditoriaux et quelques notes de lecture mais le lecteur de 1998 est enclin à penser qu'il n'en a pas contrôlé de près les sommaires. C'est à lui certes qu'on peut attribuer la publication des souvenirs de Jean Zay ou des chroniques de Jankélévitch, son beau-frère. Le numéro spécial consacré à 1848 (février 1948) réunit les piliers de la revue et de rares universitaires légitimes 23. Quand, sauf Joë Bousquet, les auteurs qu'il fréquentait avant guerre ne lui confient pas de poèmes, de chroniques ou de nouvelles (alors que ses amis peintres et leurs héritiers lui permettent d'accrocher tant de chefs-d'œuvre aux cimaises du MNAM), un lettré comme lui ne peut pas ne pas se rendre compte que la revue s'est enfermée dans le ghetto de la culture communiste. Europe, après 1946, fait partie du même réseau que Les Lettres françaises, Action, La Pensée, Ce soir, La Nouvelle Critique. C'est hors de ce réseau, aux Temps modernes, aux Cahiers de la Pléiade, à Critique, qu'est produite et commentée la littérature qui aujourd'hui compte. Jean Cassou reste associé à un indéniable déclin d'Europe. Cet homme honnête et courageux s'était laissé imposer un carcan de contraintes politiques, il avait accepté une mission impossible dans une conjoncture difficile. Après 1949, il tourne la page et tire les conclusions de son échec : il se consacre au Musée national d'art moderne, où il promeut des peintres conformes à ses goûts, il se remet à son œuvre d'écrivain et de critique et, resté homme de gauche, il prend soin de mieux distinguer la création et l'engagement. Jeanyves Guérin Notes 1. Jean Cassou, Entretiens avec Jean Rousselot, Albin Michel, 1965, p. 67. 2. Jean Cassou, Une vie pour la liberté, Robert Laffont, 1982, p. 102. 3. Pierre Abraham, " La naissance d'une revue ", Europe, septembre-octobre 1973, p. 10. 4. L'Indépendance de l'esprit. Correspondance Jean Guéhenno / Romain Rolland 1919-1944, Albin Michel, 1975, p. 364, 365, 375. 5. Jean Guéhenno, La foi difficile, Grasset, 1957, p. 177-179. Cf. Dernières Lumières, derniers plaisirs , Grasset, 1977, p. 22. 6. Jean Guéhenno, La Foi difficile, op. cit. p. 156. 7. Pierre Paraf, " Un lecteur d'Europe se penche sur le passé ", Europe, septembre-octobre 1973, p. 16. 8. François Furet, Le Passé d'une illusion, Robert Laffont / Calmann-Lévy, 1995. 9. The Collected Essays, Journalism and Letters of George Orwell, T. III. Secker and Warburg, 1969, p. 236. 10. Leurs correspondances montrent les sensibilités inconciliables de Romain Rolland et Jean Paulhan. 11. Jean Guéhenno, La Foi difficile, op. cit. p. 154. D'où l'attention aux problèmes de l'enseignement attestée, dans la période suivante, par de longs articles de Henri Wallon et Lucien Febvre (janvier 1947). 12. Jean Cassou, op. cit. p. 122. On citera aussi le témoignage de Romain Rolland : " Tous mes amis de Paris sont dans le plus douloureux désarroi. Ma revue Europe se désagrège. Durtain et Lalou veulent y publier une violente protestation et démissionner. Jean-Richard Bloch et Aragon s'obstinent absurdement à soutenir la légitimité du pacte germano-russe. Jean Cassou me demande instamment conseil. Il est d'avis de susprendre provisoirement Europe et je l'approuve " (Journal). Ses lettres de l'époque le confirment. On peut aussi consulter celles de Durtain et Lalou à Bloch à la B.N. 13. François Furet, op. cit. p. 423. 14. Jeannine Verdès-Leroux emprunte cette notion à Max Weber. On se reportera à son étude (Au service du parti, 1944-1956, Fayard / Minuit, 1983) qui fait autorité sur le sujet. 15. Romain Rolland était très hostile à la civilisation américaine (voir par exemple sa lettre du 11 juin 1924 à Stefan Zweig) mais il ne voyait aucune objection à ce que la revue qu'il patronnait publiât une littérature non-conformiste. C'est toute la culture américaine, hormis les auteurs communistes qui est pestiférée après 1947. Europe, sur ce terrain comme sur les autres, s'efforce de garder une certaine mesure. 16. Quand Gide reçoit le prix Nobel, un déferlement d'injures accueille l'événement, des Lettres françaises (Jean Kanapa) à La Pensée (Hélène Parmelin). 17. En mai 1946, Action, sous la houlette de Victor Leduc, se demande s'il faut brûler Kafka. 18. Paulhan a un double conflit, politique avec Benda, philosophico-littéraire avec Aragon. Dans une lettre à Claude Roy, il reproche à Aragon de mobiliser contre lui Europe, Les Lettres françaises, Ce soir, alors qu'il n'a que les Cahiers de la pléiade à sa disposition (Choix de lettres, T. III, Gallimard, 1996, p. 50). 19. L'existentialisme n'est pas un humanisme ; Une Littérature de fossoyeurs. 20. Paulhan tient, pour sa part, Aragon pour le véritable patron d'Europe (op. cit.). 21. Il y en a d'autres. Citons, par exemple, " Goebbels avait raison " de Jankélévitch (avril 1949) ; " Staline " de Jean-Richard Bloch (décembre 1949). 22. Cf. Pierre Daix, J'ai cru au matin, Robert Laffont, 1975, p. 217-226. 23. D'un côté, Auger-Duvignaud, Cornu, Mury, Gaucheron, Édith Thomas, Louis de Villefosse, Jean Fouquet, Jankélévitch, de l'autre Albert Béguin.
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